samedi 28 janvier 2017

Nouvelles de nos amis Jean-Michel Delacomptée, Denis Grozda, Pascale Roze, Edith de la Héronnière...

Quelques (bonnes) nouvelles de nos auteurs amis...


Jean-Michel Delacomptée était l'invité jeudi 26 janvier de l'émission "En compagnie des auteurs" à 15h sur France Culture. Stimulants échanges sur la littérature à podcaster ou écouter en différé sans modération.
Il devrait publier en août "Le sacrifice des dames".


Denis Grozdanovitch vient de publier chez Grasset "Le génie de la bêtise". Il a fait la Une du Monde des Livres du vendredi 27 janvier avec une excellente critique. Il a participé le samedi 28 à "Réplique", l'émission d'Alain Finkielkraut de 9h sur France Culture, avec Belinda Canonne. Là encore écoute stimulante toujours possible en replay. Il présente et dédicace son livre le 2 février à l'Ecume des Pages, Bd St Germain à Paris à 18h30.


Valérie Delbore lira des extraits du "Aimer et ne pas écrire" de Claire Tencin, chez Tiluli, 142 rue de Rennes, samedi 4 février à 18h.


Pascale Roze doit publier la semaine prochaine le roman dont elle nous a un peu parlé lors du dernier Grand Rendez-Vous.


Actuellement à l'affiche à Paris au théâtre de la tempête "Urfaust de Goethe, traduit par notre ami Jean Lacoste et Jacques Le Rider.


Edith de la Héronnière publie prochainement aussi trois livres dont un à Rome.


Nos auteurs amis travaillent....


Notre amie Sophie Caillat, éditrice fondatrice de Premier Parallèle, qui sera notre invitée d'avril, est aussi très dynamique. Elle vient d'éditer "Le complexe de Caïn" de Gérard Haddad, qui rencontre un grand succès. Parmi d'autres publications, toutes intéressantes.

jeudi 12 janvier 2017

ECRIRE....par Gil Jouanard

 Gil Jouanard, écrivain qui fut un temps résident à la Maison Jules Roy a entamé depuis quelques jours un passionnant dialogue sur Facebook sur l'acte d'écrire, l'écriture, etc...
Avec son aimable accord, nous publions sur notre blog le texte paru ce matin.


 

 

Un récent échange sur Facebook m’a confirmé quelque chose que j’ai depuis longtemps subodoré, à savoir que certaines personnes considèrent l’écriture littéraire (laquelle est tout autre que son homonymique instrument de communication ordinaire) comme une thérapie, voire comme un musée des horreurs qui feraient, l’une, remonter à la surface, après diagnostic, le virus malin d’une obsession maladive, l’autre se manifester les monstres dont nous croyons être le domicile fixe.


Ce qui est sûr, c’est que, livrée à elle-même, on peut même dire : délivrée, l’écriture (dont la perspective éditoriale n’est pas véritablement nécessaire), du fait qu’elle tire à elle les mots qui nous constituent, a le pouvoir de restituer des impressions, des sensations, des sentiments et des souvenirs dont la conjonction constitue la trame de notre imaginaire et, plus modérément, le canevas de notre affectivité et de notre activité mentale.


Ce n’est déjà pas rien, loin s’en faut ; et en effet, le parcours en écriture permet de reconnaître des lieux fixes oubliés, des instants perdus de vue, des circonstances éludées ou mal vécues autrefois. Mais aller jusqu’à croire que cet exercice d’exploration et de prospection va soudain conduire au jour la folle du logis ou le diable vert de l’aliénation mentale, il y a loin. Ce n’est pas l’écriture qui rendit fous Artaud et Hölderlin par exemple. Leur folie s’étant emparée de tout eux-mêmes, elle fit main basse sur leurs écrits, inévitablement ; c’est tout ce qu’on peut dire. Il n’y a pas de relation intrinsèquement consubstantielle entre ce mal à vivre (qui pour la plupart des aliénés s’exprime par la voix ou par le silence) et l’acte d’écriture. Ils coexistent bien évidemment, puisque c’est celui que l’on est qui écrit ; mais l’écriture n’est ni le fauteur de trouble ni la panacée qui va régler son compte au cancer affectif et mental ou moral.


Il existe du reste une tout autre façon de pratiquer l’écriture, que je dirai volontiers ludique, celle que je privilégie (car les urgences qui imposent de produire un manifeste ou un cri de révolte sont rares, ou se traduisent en pamphlet ou en discours péremptoire ; râler et cracher son indignation suffit en général à apaiser notre bile), c’est la promenade. A la fois récréative et source de riches et parfois imprévues découvertes, cette déambulation qui nous fait parfois rebondir d’un mot à l’autre comme on le fait de pierre en pierre dans un torrent de montagne me ravit, m’enchante et, disons-le sans vergogne, me suffit. Pour mes démons intérieurs, j’ai appris dès l’enfance à les rabrouer, sachant d’instinct rentrer en moi-même et me tenir tranquille, ainsi que Cinna le préconisait à Octave, dans la pièce éponyme de Corneille. Il y a suffisamment d’épines sur le chemin pour ne pas aller chatouiller les pieds de mes fantasmes.
Quant aux chevaux de frise dont l’Histoire parsème le paysage, je crois moins aux vertus combatives des mots, qu’un rien suffit à éroder ou à émousser, qu’à l’action efficace d’un sécateur tranchant, c’est-à-dire justement à l’action, toujours freinée par les bavardages périphériques.


Wanderer dans l’âme, je vais ainsi dans la vie qui a la grande bonté de m’héberger. Et je m’en vais, clopin-clopant, comme chantait Yves Montand, ou encore au vent mauvais, qui m’emporte, deçà, de-là, pareil à la feuille morte, comme l’écrivit Verlaine.

 
Ce ne sont pas mes écrits, fussent-ils insolemment autobiographiques, qui me conduiront à l’asile ou dans la chambre de Zimmer (n’est-ce pas drôle, la chambre de Chambre ?), ou encore suspendu par le cou à la lanterne qui se trouvait croit-on à l’endroit précis où fut par la suite placée la boîte du souffleur du théâtre Sarah Bernhardt…

Abbeville, ce 12 janvier 2017